Retour à la gare
Le webmestre a fui le pays avec les mots de passe en 2002 !

Quartier GareTout sur l'AHQGPartenairesEcrivez-nous !


ACTUALITE
En ce moment
Evénements à venir
Brèves de quartier

AU KIOSQUE
Journal de quartier
Lettre d'info
Exprimez-vous

A LA DECOUVERTE
Gare - Halles
Sainte-Marguerite
Bld de Lyon
Le Glacis Ouest

ACTEURS DU QUARTIER

Recherche

Contacts

 

Lettre à Jacques Chirac

adressée par l'AFI-Alsace, suite à l'annulation d'une expo et aux amalgames douteux du Conseil Général


La situation ne s'améliore pas pour les étrangers en France, et de plus on crée des guerres inter-minorités, entre les israélites et les iraniens.
Voici la lettre adressée par Pacha MOBASHER, président de l'association Franco-iranienne d'Alsace, au président de la République, suite à l'annulation par le Conseil Général d'une exposition d'un artiste franco-iranien devant se tenir dans son hall du 6 au 26 mars 2006, en raison des propos tenus par le président iranien, M. Ahmadinejad, à l'encontre de l'Etat d'Israel.



--------------------------------------------


Monsieur le Président de la République,
Monsieur Jacques CHIRAC
Palais de l’Elysée
75 008 Paris


Strasbourg le 21 novembre 2005


Objet : Est-il possible de devenir, un jour, français?


Monsieur le Président de la République,
Monsieur Jacques CHIRAC,

Par décret de décembre 2002 je suis devenu français par naturalisation après avoir vécu en France durant 26 ans.

Dans votre lettre d’accompagnement vous me disiez qu’en acquerrant la nationalité française, je devenais citoyen français et me souhaitiez la bienvenue dans la communauté nationale française.

Vous me donniez aussi des indications sur le chemin à suivre : « vous lui apportez vos forces, votre culture, votre histoire personnelle. Vous partagerez ses lois, ses valeurs, ses usages et ses coutumes, tout ce qui fait de la France une République forte, moderne et vivante… Notre République est fière de sa devise de Liberté, d’Egalité, de Fraternité. Il vous revient, à l’égale de tous les citoyens français de le faire vivre ».

Votre message d’encouragement fut ma devise durant ces deux dernières années et inlassablement dans mes engagements citoyens et associatifs j’ai essayé de les mettre en pratique.

En devenant français vous êtes devenus mon président, élu par la communauté nationale, et vous représentez la France sur la scène internationale. Tandis que moi je poursuis au quotidien mon travail en Alsace et mène une vie de couple euro-iranien, dans la joie et le bonheur.

Aujourd’hui, en tant que président de l’association franco-iranienne d’Alsace, mon rêve de construire ensemble cette citoyenneté française s’écroule ainsi que pour les centaines de membres et sympathisants de notre association, ayant des origines diverses et pratiquant des croyances variées. Nous menons de manière bénévole des actions de formation, de solidarité et d’entraide sur l’ensemble du territoire alsacien et avons pris pour devise « construire ensemble aujourd’hui pour les générations futures ».

Le Conseil Général du Bas-Rhin vient de décider que l’exposition que nous devions organiser en 2006 avec un artiste franco-iranien d’Alsace est annulée pour cause des propos tenus par notre président de la République contre l’Etat d’Israël !

Mais de quel Président s’agit-il ? De vous, que les membres de notre association ont élu, ou du Président iranien, pour lequel nul d’entre nous n’a déposé un bulletin de vote dans l’urne.

Je me demande aujourd’hui, après avoir déposé plusieurs fois mon bulletin de vote dans les urnes de ma commune, qui est mon Président en France, où je vis ? Vous ou Monsieur Ahmadinejad ?

Que faut-il faire enfin pour être français ? Oui, je porte un nom iranien. Oui, je suis le président fondateur d’une association franco-iranienne, reconnue par tous pour ses actions de création de nouvelles passerelles entre les individus. Pourtant, vous m’avez écrit que je suis devenu citoyen français !

Le Président du Conseil Général du Bas-Rhin annule l’exposition d’un artiste français, ici à Strasbourg, en faisant porter la responsabilité des propos condamnables tenus par un homme politique en Iran aux membres et sympathisants de l’association. Pourquoi à notre petite association et pas à Peugeot, qui travaille en Iran, ou l’entreprise viticole locale, qui est le premier exportateur de vin de contrebande en Iran ?

Cette action « politicienne » risque de créer une tension entre la communauté iranienne alsacienne et les israélites qui s’apprécient mutuellement depuis des années et sont ainsi tous deux pris en otages par les débordements de politiciens en manque d’audience.

Monsieur le Président, en tant que la personne garante de la cohésion sociale, de la paix et des valeurs de notre République, je vous demande de condamner vivement cette action en contradiction avec vos propos ci-dessus. Sans ce message clair de votre part, il n’y a plus aucun espoir aux générations futures d’intégrer la communauté française.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments distingués.


Pacha MOBASHER
Bas-Rhin
pacha.mobasher_at_laposte.net


--------------------------------------------


A lire également, l'article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace du 23 novembre 2005


Info du 23/11/2005

Retour

 
Générique